Nicolas Lacroix-Pépin Ph.D.
Nicolas Lacroix-Pépin Ph.D. Thérapeute Scientifique - spécialiste en périnatalité

Gestion de la douleur

Comment vivre un accouchement sans souffrir

Cycle de la douleur

Cycle de la douleur pour l'accouchement

Niveau hormonal, le corps à un mécanisme puissant de gestion de la douleur, les endorphines! Cependant, elles n'agissent pas en présence d'adrénaline et de cortisol. D'où la grande importance de les favoriser lors de l'accouchement pour éviter la douleur qui peut devenir souffrance.

Les pères sont beaucoup plus facilement dans l’adrénaline que dans les endorphines lors d’un accouchement. Décuplée par leur sentiment d’impuissance. Ce qui les mène souvent à des réactions de fuite (distance, épidurale). Ils doivent comprendre que plus ils favorisent le calme et les endorphines de leur conjointe, plus ils l’aident. En effet, plus cette dernière tombe dans l’adrénaline et dans le cortisol, plus son travail sera ralenti et sa douleur augmentée. On favorisera son bien-être. Une maman dans les endorphines, est dans l’effort, mais pas dans la douleur. Le meilleur exemple que je puisse donner est la course. Au bout de 10 Km, on a mal aux jambes, mais c’est un mal d’effort, une douleur de muscle qui travaille, pas la même douleur qu’une blessure.

Voici donc quelques moyens pour soulager la douleur. Plus de moyens sont décrits lors des rencontres prénatales ou peuvent être enseignées gratuitement tel que les petits ateliers d’acupression.

 

Comment soulager la douleur

Méthodes de gestion de la douleur naturelles

  • Points d’accupression:

On peut exercer la pression au début de chaque contraction ou d’une façon régulière et douce que l’on intensifie pendant la contraction. Ces point d’acupression dérivés de l’acupuncture vont diminuer la douleur en stimulant les endorphines, en créant un signal parallèle et avoir plusieurs autres effets bénéfiques. Certains poins si bien utilisés peuvent stimuler la descente lors des premier et second stades du travail, peut stimuler les contractions utérines, stimuler un bébé postérieur à se repositionner, stimuler l’effacement et la dilatation, etc...

  • Respiration

La respiration est un facteur clé de la gestion de la douleur. Une respiration calme aide à bien oxygéner les tissus et rend le tout un peu plus facile. Ceci diminue entre-autre la formation d’acide lactique et la fatigue musculaire. L’hyperventilation et le blocage respiratoire sont deux effets néfastes qui mène rapidement à des boucles de stresse autant psychologique que physique rendant l’effort beaucoup plus intense.

D’ailleurs, simplement décrisper les mâchoires aide grandement à la dilatation. Comme les sage-femmes disent, "bouche molle - col mou". Il s’agir du principe général qui veut que l’on ne peut pas crisper une région et rendre une région souple en même temps.

La respiration doit être abdominale et dirigée par l’expiration, ce qui est souvent l’erreur. En forçant une respiration abdominale à l’inspiration, on pousse les organes vers le bas alors qu’on souhaite l’effet inverse. On concentre donc l’effort sur une expiration lente et constante sur quelques secondes. L’inspiration se fera d’elle-même sans qu’on aie à la contrôler.

  • Ostéopathie, accupuncture et massothérapie

Certaines femmes en travail font appel à un accupuncteur, un ostéopathe ou un massothérapeute durant le travail pour aider à alléger leur douleur et faciliter le travail (selon les spécialités). En tant que doula, c'est d'ailleurs un rôle important que je montre au papa et que j'utilise durant l'accouchement.

  • Intimité et pénombre

L’intimité et la pénombre aident à la libération d’endorphines par le corps. Plus la femme peut rester dans sa bulle et dans son instinc animal, plus elle libèrera des endorphines qui l’aideront à moins ressentir de douleur. À l’inverse, la lumière et la parole activent le cortex et l’adrénaline.

  • Toucher

Le massage, ou simplement le toucher pendant ou entre les contractions aide grandement la détente musculaire. Le muscle étant moins tendu, la douleur de ce dernier en est diminuée. On peut aussi créer des ancrages avec le toucher, permettant à maman de tomber plus facilement dans un état de détente propice.

  • Compressions de hanches

Les compressions de hanches visent à la fois à soulager la pression du bassin et à aider bébé à descendre en faisant de la place à des endroits stratégiques..

  • Musique

La musique est un bon moyen de détente qui aide à rester dans un état calme diminuant ainsi la douleur et l’anxiété.

  • Distractions

Principalement en début de travail, les distractions aident à passer au travers des contractions sans trop s’y attarder. L’humour, les tâches simples et le plaisir aide à diminuer le focus envers la douleur et rend plus facile cette étape.

  • Chaleur

Le froid augmentant la sensation de douleur, le fait de rester au chaud aide à diminuer cette dernière. Il peut s’agir de porter des bas épais et une bonne couverture. L’imprtant est de ne pas avoir froid.

  • Vider sa vessie

La vessie pleine prenant beaucoup de place, il est souvent incomfortable de passer au travers des contractions en sentant en plus une pression à ce niveau. Le fait de la vider régulièrement aide à alléger ce problème. En plus, la toilette est souvent une position très comfortable pour la femme en travail puisqu’elle réduit la pression au périnée, est dans une position de squat et enlève la peur des relâchements involontaires.

  • Visualisation

Certaines femmes trouvent très efficace de visualiser durant les contractions. Cette technique semblable à l’hypnose (ou même l’hypnonaissance) aide la libération d’endorphines naturelles et récomforte grandement.

  • Danser

La danse, en "slow" ou plus rythmé aide à passer au travers des contractions par la libération d’endorphines et d’ocytocine naturelle. D’ailleurs, le baladi est à la base une danse créée pour les femmes en travail. Les mouvements du basin aideront bébé à descendre plus facilement.

  • Compresses d’eau

Les compresses d’eau chaude, surtout au périnée (avec ou sans huile d’amande douce) peut aider à diminuer la douleur à cette région. À l’inverse, des compresses d’eau froide peuvent être utilisées au front si la femme en travail se sent en hyperthermie.

  • Respiration

La respiration est un facteur clé de la gestion de la douleur. Une respiration calme aide à bien oxygéner les tissus et rend le tout un peu plus facile. Ceci diminue entre-autre la formation d’acide lactique et la fatigue musculaire. L’hyperventilation et le blocage respiratoire sont deux effets néfastes qui mène rapidement à des boucles de stresse autant psychologique que physique rendant l’effort beaucoup plus intense.

D’ailleurs, simplement décrisper les mâchoires aide grandement à la dilatation. Comme les sage-femmes disent, "bouche molle - col mou". Il s’agir du principe général qui veut que l’on ne peut pas crisper une région et rendre une région souple en même temps.

La respiration doit être abdominale et dirigée par l’expiration, ce qui est souvent l’erreur. En forçant une respiration abdominale à l’inspiration, on pousse les organes vers le bas alors qu’on souhaite l’effet inverse. On concentre donc l’effort sur une expiration lente et constante sur quelques secondes. L’inspiration se fera d’elle-même sans qu’on aie à la contrôler.

  • Bain

L’eau aide à soulager les tensions et rend les contractions plus supportables. Prendre un bain aide à la détente et favorise un état plus réceptif. Cependant, les mamans qui détestent les bains à la base trouveront souvent cette méthode peu agréable.

  • Ballon

Le ballon fait partie des positions plus que des méthodes de soulagement de la douleur. Cependant, une mention spéciale lui est accordée puisque la libération du sacrum qu’il procure est notable dans le soulagment des douleurs au bassin lors de l’accouchement.

  • Marche et positions

La marche et les diverses positions, tel que les suspensions vont aider bébé à descendre et au travail à se faire rondement. Cependant, on doit aussi en parler dans le soulagement de la douleur. Une partie de la douleur peut souvent être dû à bébé qui appuie plus d’un côté que de l’autre. Maman sentira donc instinctivement le besoin de changer de position pour se soulager. À ce moment, la position devient à la fois un outil pour diminuer la douleur et pour aider bébé à se placer. Un bébé bien placé est moins douloureux qu’un bébé mal placé..

 

Méthodes de gestion de la douleur médicales

  • Péridurale

La péridurale est une anesthésie régionale, effectuée entre deux vertèbres lombaires qui supprime ou diminue fortement les sensations du tronc et du bassin. Autrefois peu pratiquée, elle est maintenant la norme en milieux hospitalier au Québec ou plus de 80% des femmes en travail y on recourt. Lorsqu’une mère est épuisée par un travail long, difficile, ou toute autre raison, la péridurale lui permet de se reposer et de reprendre des forces avant l’étape de la poussée. Elle sert surtout à réduire l’anxiété créée par la douleur pour la femme en travail. Lors d’une césarienne, cette même péridurale permet à la mère d’être consciente au moment de la naissance de son bébé. Elle supprime la douleur mais pas les sensations de pression, ce qui peut être très confondant pour plusieures femmes.

L’accouchement étant est un processus complexe, toute intervention médicale peut en altérer le déroulement. Il est à noter que certains risques sont proportionnels à la durée de la péridurale.

Les risques potentiels de la péridurale pour la mère:

  • Rend presque impossible, le fait de se mobiliser, de marcher, de prendre des positions verticales durant le travail. 

  • Oblige à avoir le moniteur fœtal en permanence, un suivi de pressions à intervalles régulières et la présence d'une infirmière en continue.

  • Peut causer un certain détachement de la mère par rapport au processus en cours, et accentuer la difficulté d’y replonger au moment de la poussée.

  • Peut parfois causer une chute de tension pour la mère et son équivalent chez le bébé.

  • Peut causer de la fièvre chez la mère, qui devra alors être traitée avec des antibiotiques parce qu’il est impossible d’en connaître la cause exacte à ce moment-là.

  • Peut procurer un soulagement inadéquat (jusqu’à 10% des cas), ce qui augmente le stress chez la mère.

  • Peut comporter des problèmes liés à la technique même quoique plus rarement (difficulté à insérer l’aiguille, surdose accidentelle) ainsi que des complications graves mais rarissimes.

  • Peut causer des maux de dos à court et moyen terme, généralement à cause de mauvaises positions ou de mouvements adoptés trop longtemps, ou alors parce que l’absence de sensation aura empêché de les corriger.

  • Engendre une rétention d’urine après l’accouchement

  • Peut entraîner des maux de tête (1-3% des cas) passagers après l’accouchement si lors de la manipulation, il y a eu passage du cathéter dans l’espace rachidien.

  • Peut parfois causer des démangeaisons à la peau (en réaction à certains médicaments).

  • Augmente l’utilisation de ventouse, de forceps et autres interventions.

  • Peut altérer le bond maternel et la monté de lait dû à l'administration d'ocytocine synthétique qui bloque la production d’ocytocine naturelle.

Sur le bébé:

  • Cause souvent un ralentissement de la reprise du pouls du bébé post contractions, nécessitant changements de position, oxygène à la mère et occasionnellement une césarienne.

  • Peut altérer les réponses comportementales du bébé à la naissance dû à la péridurale et à l'ocytocine, dont les réflexes nécessaires à l’allaitement, en rendant l’initiation plus difficile. Le bébé est plus somnolent.

Sur le travail:

  • Ralenti généralement le travail et nécessiter l’usage d’ocytocine intraveineuse.

  • Affecte le stade de la poussée en diminuant la sensation de pression qui oriente les efforts de la mère, en diminuant le tonus des muscles pelviens qui orientent le bébé dans les mouvements qu’il doit effectuer.

  • Augmente le besoin d’avoir recours à des forceps ou à une ventouse (moins courant si on attend que le bébé descende au périnée avant d’amorcer la poussée)

Pour minimiser les impacts négatifs

  • Retarder le plus possible le moment de la péridurale

  • Diminuer légèrement l’effet anesthésiant lors de la poussée ou prendre une « Walking epidural"

  • Rester en contact avec le bébé qui, lui, continue de ressentir les contractions


  • "Walking Epidural"

La péridurale à demi-dose, péridurale ambulatoire ou "Walking Epidural" est une épidurale dont la dose et la composition est diminueé. Elle diminue la douleur mais moins fortement que l’épidurale complète. Ceci à pour avantage de permettre de préserver une partie des sensations et sourtout de la mobilité. Elle permet à la femme de retourner à un stade moins grand de douleur sans toutefois la couper complètement. Une bonne partie de la mobilité étant conservée, avec support, elle peut demeurer mobile durant le reste du travail et la poussée.

Comme la péridurale n’est pas standard et varie d’un anesthésite à l’autre, la péridurale ambulatoire varie elle aussi beaucoup. Certains anesthésites sont à l’aise avec la technique et d’autres moins. Souvent la tentative finira en péridurale normale. Tout comme certaines péridurales ne coupent pas complètement la douleur. C’est une alternative intéressante, mais on ne doit pas tout miser là-dessus.

  • Analgésiques

L’utilisation de calmants tels que Fentanyl ou Démérol afin de réduire la douleur est possible. Ces calmants rendent plus tolérables la douleur ressentie lors des contractions.

  • Papules d’eau stériles

En injectant une papule d’eau dans le dos, cela crée une sensation apaisante qui diminue la douleur, principalement dans cette région. Cependant, étant continue durant 30 à 60 minutes, elle peut s’avérer désagréable si la personne ne se sent pas réellement aidée par cette dernière. L’injection est aussi assez douloureuse sur le moment. Elle ne comporte cependant aucun effet secondaire tant pour la mère que le bébé.

  • Protoxyde d’azote

L’utilisation de protoxyde d’azote (ou gaz hilarant) peut être utilisé durant les contractions. À chacune d’elles, la mère peut inhaler pour diminuer la sensation de douleur de la contraction. Aucun effet secondaire n’est connu tant pour la mère que le bébé jusqu’à ce jour. Cependant, il emplifie les sensations de nausées si elles sont déjà présentes.


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Capsules de préparation:

Signes du début du travail

Déclenchement de l'accouchement

Déroulement de l'accouchement

Interventions

Perception de l'accouchement

Peurs de l'accouchement

Gestion de la douleur

Positions durant le travail et l'accouchement

Articles:

Articles de blog

Vidéos:

1- Douleur et grossesse

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2- Mauvaise position de bébé durant la grossesse:

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3- La bonne position de bébé avant l'accouchement

https://www.facebook.com/Nicolaslacroixpepin/videos/1553004734778738/

4- Engagement et descente de bébé

https://www.facebook.com/Nicolaslacroixpepin/videos/1551378134941398/

5- Accouchement et gros bébé

https://www.facebook.com/Nicolaslacroixpepin/videos/1570186729727205/

6- Rupture utérine

https://www.facebook.com/Nicolaslacroixpepin/videos/1581315661947645/

7- Déclenchement et méthodes alternatives

https://www.facebook.com/Nicolaslacroixpepin/videos/1541726215906590/

8- Perception de manque de lait

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