Nicolas Lacroix-Pépin Ph.D.
Nicolas Lacroix-Pépin Ph.D. Thérapeute Scientifique - spécialiste en périnatalité
home-office-336377_1920.jpg

Articles

Quelques articles qui pourraient vous intéresser

À quoi servent toutes ces hormones?

Personne n’est vraiment surpris lorsqu’on dit que la grossesse est un moment où tout est chamboulé. Les hormones n’y font pas exception. Au point où parfois, on peut se demander à quoi elles servent vraiment et si elles ont vraiment raison de d'avoir un tel impact.

Hormones et grossesse

La première à partir le bal est la gonadotrophine chorionique humaine (hCG).  C’est l’hormone caractéristique du début de grossesse, celle que l’on peut détecter dans les tests. Elle monte durant les premières semaines, atteint un plateau entre la 9e et 12e semaines puis re-descend abruptement et reste stable pour le reste de la grossesse. Elle est essentielle car c’est elle qui assure la production d’œstrogène et de progestérone durant les premiers mois de vie du fœtus, jusqu’à ce que le placenta soit assez fort pour prendre le relais et les produire lui-même. En contrepartie, elle est responsable des symptômes plus désagréables du début de grossesse, tel que les nausées. On peut donc dire que c’est un mal pour un bien.

La progestérone quant à elle, augmente tout au long de la grossesse et à pour but de détendre les muscles utérins et de maintenir le col fermé. Elle maintient, avec l’œstrogène, l’intérieur de l’utérus dans un stade propice à la croissance du bébé.

La relaxine produite par l’ovaire puis le placenta augmente la flexibilité des ligaments tout au long de la grossesse et plus particulièrement durant l’accouchement ou elle aide à la flexibilité du col.

La CRH (corticolibérine) provenant du placenta est très utile car elle aide les poumons fœtaux à devenir mature et est impliquée dans le déclenchement de l’accouchement.

L’ocytocine est potentiellement l’une des hormones les plus fascinantes. Toute petite molécule, elle joue cependant des rôles majeurs. Souvent appelée «hormone de l’amour», elle agit autant sur les mécanismes physiques que psychologiques. Tout comme pour la prolactine avec qui elle joue un rôle important pour l’allaitement, elle augment tout au long de la grossesse. Ceci, afin de favoriser une diminution du stresse par un blocage du cortisol, un meilleur sommeil et aider à l’absorption des nutriments. Lors de l’accouchement, la dilatation du col favorise sa libération, augmentant par la suite les contractions. Une quantité phénoménale sera libérée lors de l’expulsion et favorisera par la suite la sortie du placenta et le retour graduel de l’utérus à une taille plus normale. En post-partum, elle sera principalement sollicitée lors de l’allaitement pour faire sortir le lait. Son rôle dans les liens d’attachement est très fort et produit avec les beta-endorphines, produites par le corps pour diminuer les douleurs du travail, les deux hormones qui sont responsable du fameux sentiment exaltant de tomber en amour avec son enfant. Son rôle psychologique n’est pas restreint qu’aux liens d’attachement et à la diminution du stresse, elle contribue aussi aux liens sociaux et amoureux en temps normal. Stimulée par l’orgasme et les stimulations sexuelles, elle est cependant bloquée par les opiacée, la morphine et l’adrénaline, hormone de la peur et de la fuite. L’ocytocine synthétique, donnée par intraveineuse, n’atteint pas le cerveau et à comme désavantage de bloquer la libération d’endorphines et d’ocytocine naturelle, jouant parfois sur la facilité à allaiter et même potentiellement sur les liens avec le nouveau-né.